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Apnée du sommeil et aujourd’hui apnée de l’écran

Image parJan Vašek de Pixabay – Il y avait l’apnée du sommeil, nous avons aujourd’hui l’apnée de l’écran. En fait, c’est plus pernicieux et tout aussi grave.
On pense que beaucoup d’entre nous passent sept heures ou plus devant des écrans chaque jour. En 2011, le chercheur Emmanuel Stamatakis a découvert que «… même ceux qui font de l’exercice ne peuvent pas surmonter les effets néfastes d’un temps d’écran excessif»

 

Les ergonomes offrent des suggestions utiles concernant la configuration du bureau / de l’ordinateur et des conseils de posture. Est-ce suffisant? Comment le temps passé sur l’écran peut-il nous affecter et que pouvons-nous faire d’autre pour soutenir la santé dans nos vies saturées de technologie?

En 2007, Linda Stone souffrait d’infections respiratoires chroniques et son médecin lui suggéra d’étudier la respiration Buteyko. Les exercices étaient pour elle quotidiens et elle s’en trouvait bien.
Et pourtant elle ne se sentait pas dans un état de santé extraordinaire.

Voici son témoignage :

« J’ai remarqué presque immédiatement qu’une fois que j’ai commencé à travailler sur les courriels, je respirais lentement ou je retenais mon souffle. J’ai fait attention et remarqué que, jour après jour, c’était le cas. Quand je me levais et que je me promenais, ma respiration était complètement différente de celle où je travaillais sur mon ordinateur.
J’ai passé sept mois à observer et à parler avec les autres et j’ai même testé des amis à la table de ma salle à manger, en utilisant un simple appareil permettant de suivre la variabilité du pouls et de la fréquence cardiaque (VRC). J’ai également parlé à des chercheurs, des cliniciens, des psychologues et des neuro-scientifiques pour avoir une idée de ce qu’il advient de notre physiologie lors de la respiration superficielle cumulative et de la rétention de la respiration.
Je lui ai donné un nom: apnée du courrier électronique ou apnée de l’écran, ce qui signifie arrêt temporaire de la respiration ou respiration superficielle tout en travaillant (ou en jouant!) devant des écrans. »

80% des gens cesseraient de respirer ou respireraient de manière anarchique quand elles écrivent un mail ou travaillent sur un ordinateur.
Dans ces conditions, le fait de retenir sa respiration active le système nerveux sympathique ce qui élève le niveau de stress.
Après qu’elle eut remarqué qu’elle retenait sa respiration en écrivant, Linda Stone a mesuré la variabilité de la fréquence cardiaque chez elle et chez d’autres personnes lorsqu’elles écrivent des emails ou du texte.
Et là, elle constata une activation du système nerveux sympathique responsable du stress.

Cette forme de rétention du souffle sur une respiration courte n’a rien d’une pause « Buteyko ».

Une respiration courte et superficielle provoque une cascade d’effets négatifs sur le corps et le corps l’associe à la réaction de combat ou de fuite.
La principale fonction de la respiration est de délivrer de l’oxygène aux tissus, d’éliminer le CO2 et de réguler l’acidité de notre sang explique le Dr Chesney qui dirige le Centre de médecine intégrale Osher de l’UC San Francisco- le sang trop acide incite les reins à retenir le sodium et donc à augmenter la pression artérielle.

Des observations qui, en apparence, contredisent celles du professeur Buteyko

Actuellement, le docteur Chesney et son mari, professeur auxiliaire de néphrologie de l’Université de San Francisco, étudient les moyens physiologiques par lesquels des techniques telles que le yoga et la méditation abaissent la tension artérielle. Ils se concentrent sur un groupe de femmes à risque d’hypertension. L’étude quantifie les niveaux de dioxyde de carbone des sujets dans diverses conditions.
En fait, les apnées sous la condition d’une respiration courte et superficielle ont pour conséquence une élévation brutale de CO2 sanguin ce qui a pour effet  immédiat une rétention de sodium forte et une montée de la pression sanguine.
D’où la nécessité de comprendre que certaines rétentions du souffle pour des individus hypertendus peuvent devenir fatales pour eux.
Buteyko mal pratiqué devient dans ce contexte un calamité.

Respirer sans brutaliser son corps

Selon le professeur Chesney de nombreuses techniques d’entraînement respiratoire qui sont placées sur le mode de la performance (Buteyko mal pratiqué en se pinçant le nez et en bloquant fort, Wim Hoff ou intenses exercice de pranayama) ne sont pas de bonnes pistes. Elle préfère demander au sujet de se concentrer sur une respiration lente, détendue qu’on nomme respiration naturelle des bébés.

Cette respiration nommée diaphragmatique est non seulement le fait que le mouvement du diaphragme optimise la circulation de la lymphe mais que l’air inspiré parvient dans la partie basse des poumons et que les alvéoles de cette zone, contrairement à celles qui se trouvent dans le haut des poumons, sont entourées d’un réseau dense de capillaires, ce qui permet à l’oxygène contenu dans l’air respiré de passer les poumons en plus grandes quantités. Si, au contraire, au lieu de passer lentement l’air dans la partie inférieure des poumons par un mouvement thoracique ,alors le remède risque d’être pire que le mal, et on finit par  » respirer trop » ou pour utiliser un terme technique: par hyperventiler.

Le docteur Chesney, comme d’ailleurs son mari , préfère une respiration lente, détendue et profonde (dans la profondeur des alvéoles et non dans le volume global) , celle qui qui fait monter et descendre notre ventre.
L’idéal est une respiration qui, sur le plan du volume se situe à 80% de nos capacités de prise, et une expiration beaucoup plus lente que l’inspiration, mais là encore ne pas forcer pour expulser trop d’air.
Quand cela se fait de manière lente, à la vitesse d’un escargot qui avance, alors qu’à chaque expire il reste un petit peu d’air, le CO2 résiduaire ne grimpe pas violemment dans le sang.
Là, à la différence de l’apnée d’une respiration superficielle, le CO2 se conduit sans aucune brutalité et ne permet pas un effet nuisible du sodium car le sang ne s’acidifie pas trop violemment.

S’il est un point commun entre l’américain, le professeur Anderson (mari du professeur Chesney), et le russe Konstantin Buteyko, c’est le lien possible entre hypertension et ventilation pulmonaire.

Le premier constate l’effet négatif des apnées répétées tout au long des journées – l’ordinateur serait un élément majorant– l’autre sur l’hyperventilation qui chasse trop le CO2 corporel.
Une chose est sûre pour nous: dans le premier cas c’est quand il y a un afflux brutal de CO2 que cela se produit, dans le second cas c’est quand, au fil du temps, le CO2 sanguin n’est pas suffisant.
Hypo ou hypercapnie seraient, pour des motifs différents, responsables d’un manque d’adaptabilité au stress et source de maladies dans notre civilisation actuelle.

Acteur-Nature

Références scientifiques:

  • https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18591996/
  • https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18820654
  • https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2752321/
  • https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20200548

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