Cure, alimentation et formes variées : le soufre organique et ses bienfaits au quotidien

Par • 07/03/2018

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Son odeur d’oeuf avarié et ses usages industriels ont durablement desservi le soufre, qui figure pourtant parmi les éléments minéraux les plus présents dans le corps humain, où il intervient discrètement, de la peau aux articulations.

Ce paradoxe s’éclaire dès que l’on considère son mode d’apport. Loin d’être absorbé comme un minéral isolé, le soufre parvient à l’organisme avec les protéines alimentaires qui fournissent deux acides aminés soufrés : la méthionine et la cystéine. De cette voie discrète découlent l’essentiel de ses fonctions et la plupart des bienfaits du soufre évoqués en santé naturelle.

Pourquoi faire une cure de soufre ?

Rares sont les personnes qui entreprennent une cure de soufre par simple curiosité. Elle répond plutôt à une gêne installée ou au souhait de soutenir un terrain que l’on juge fatigué et d’un témoignage à l’autre, les motifs avancés reviennent avec une régularité frappante.

Les raisons le plus souvent citées :

  • Le confort articulaire où le lien entre soufre et arthrose revient presque toujours ;
  • La qualité de la peau, des cheveux et des ongles ;
  • Les périodes de forte sollicitation, sportive ou professionnelle ;
  • Une alimentation peu diversifiée ou très restrictive.

Ces motivations renseignent surtout sur les fonctions dans lesquelles le soufre intervient, sans rien présager du résultat d’une cure.

Quels sont les bienfaits du soufre dans le corps ?

Le rôle du soufre et ses bienfaits dans le corps humain tiennent à la fois à sa présence dans certains tissus et à sa participation à des réactions moins visibles, que quatre fonctions permettent de détailler.

1 – Un soutien à la qualité de la peau, des cheveux et des ongles

La kératine, cette protéine qui structure la peau, les cheveux et les ongles, doit sa cohésion à des ponts établis entre atomes de soufre, sans lesquels la fibre perdrait sa résistance. C’est cette place au cœur de la kératine qui explique l’attention portée au soufre en cosmétique naturelle, même si un apport supplémentaire ne suffit pas à garantir un cheveu plus solide.

2 – Une contribution à la souplesse du cartilage et des tissus de soutien

Le cartilage contient des molécules soufrées qui retiennent l’eau et lui donnent son élasticité. C’est sur ce constat que reposent les compléments vendus pour le confort articulaire, du MSM à la chondroïtine.

3 – Un maillon de la protection cellulaire, à travers le glutathion

En servant de précurseur au glutathion (molécule que les cellules mobilisent face au stress oxydatif), la cystéine rend la protection cellulaire tributaire de la disponibilité en acides aminés soufrés.

4 – Un appui à l’équilibre acido-basique de l’organisme

Le métabolisme des acides aminés soufrés produit des composés acides que les reins éliminent, une charge dont l’ampleur varie selon l’assiette et qu’une alimentation riche en fruits et légumes vient compenser en partie. Le soufre participe donc à cet équilibre comme un paramètre parmi d’autres, et non comme un régulateur qui commanderait le système.

📌 Pour aller plus loin : Le « miracle du soufre » ou les bienfaits du soufre organique

Quels sont les symptômes d’une carence en soufre dans le corps ?

Il n’existe pas de symptômes propres à un manque de soufre chez l’adulte qui consomme assez de protéines. Le soufre alimentaire arrive justement avec elles, si bien qu’une assiette bien pourvue couvre aussi les besoins en acides aminés soufrés.

Chez l’adulte en bonne santé, l’Anses fixe la référence en protéines à 0,83 gramme par kilo et par jour. Le besoin en acides aminés soufrés est estimé autour de 13 milligrammes par kilo, et l’agence relève que les apports français atteignent ces valeurs.

Quelques situations viennent toutefois réduire cette marge :

  • Une alimentation très restrictive ou volontairement pauvre en protéines ;
  • Une part importante de légumineuses, moins riches en acides aminés soufrés que les céréales ;
  • Les périodes où les besoins protéiques augmentent, comme le grand âge ou la convalescence.

C’est dans ces situations que l’on va chercher les bienfaits du soufre du côté des compléments, davantage que dans une carence avérée.

Sous quelles formes trouve-t-on le soufre ?

Une même substance recouvre des produits qui n’ont ni le même usage ni le même statut, ce qui explique bien des confusions au moment de choisir.

  • Les acides aminés soufrés des œufs, poissons, viandes, produits laitiers et céréales ;
  • Les composés soufrés volatils des alliacées et des crucifères, ail, oignon, chou ou brocoli, responsables de leur odeur ;
  • Les sulfates présents dans certaines eaux minérales et thermales ;
  • La fleur de soufre, forme élémentaire réservée à l’usage externe ;
  • Les compléments alimentaires au soufre, dont le MSM et l’huile de Haarlem, préparation héritée du 17e siècle.

🛁 Le soufre en usage externe : toutes les formes ne se prennent pas par voie orale et les bienfaits du soufre se cherchent aussi par voie cutanée. La fleur de soufre entre depuis longtemps dans des préparations de massage appliquées sur le front, la nuque ou le bas du dos, tandis que les stations thermales exploitent des eaux sulfurées dans lesquelles on se baigne. Relevant d’une tradition de bien-être, cet usage externe obéit à des règles différentes de celles du complément alimentaire, et un avis médical avant toute cure reste préférable pendant la grossesse et l’allaitement.

Foire aux questions

Quelles sont les maladies que le soufre soigne ?

Le soufre ne soigne aucune maladie et la réglementation ne le présente pas comme tel. Quatre repères suffisent à comprendre pourquoi :

  1. Les produits qui en contiennent relèvent de l’alimentation, pas du médicament ;
  2. Les mentions d’effet santé sont réservées à une liste établie après évaluation scientifique où le soufre ne figure pas ;
  3. Les fabricants parlent donc de confort ou de bien-être plutôt que de traitement ;
  4. Le seul usage inscrit dans un cadre médical est la cure thermale, prescrite par un médecin.

Devant une douleur qui s’installe, cet avis médical apporte souvent davantage qu’une cure entreprise seule.

Quels sont les bienfaits d’un bain au soufre ?

Les bains d’eau sulfurée se pratiquent surtout en station thermale.

Ce cadre repose sur quatre éléments :

  1. La rhumatologie pour les douleurs articulaires chroniques ;
  2. Les voies respiratoires pour les affections ORL et bronchiques récidivantes ;
  3. Une prescription médicale qui ouvre droit à une prise en charge ;
  4. Une eau autorisée, son exploitation à visée thérapeutique supposant une autorisation préfectorale instruite avec un hydrologue agréé.

Si la réputation d’un soufre anti-inflammatoire tient largement à cette tradition thermale, les mécanismes en jeu restent débattus et hors de ce cadre, un bain au soufre relève du bien-être, avec la détente qui l’accompagne.