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La vitamine D : une hormone solaire indispensable

Rising SunGilles Corjon – L’action de la vitamine D ne s’arrête pas seulement à la minéralisation du squelette, de nombreuses études réalisées au cours de ces dix dernières années viennent démontrer que cette vitamine devrait être appréhendée comme une véritable hormone aux multiples effets physiologiques.

 

Les implications suivantes de la vitamine D sont maintenant bien établies :

elle stimule et module les défenses immunitaires vis-à-vis des maladies infectieuses : l’administration de vitamine D diminue l’incidence des infections respiratoires virales chez l’enfant et pourrait prévenir les épidémies de grippe en hiver. Plusieurs études suggèrent qu’elle pourrait jouer un rôle favorable dans des maladies auto-immunes comme  le psoriasis, la sclérose en plaque ou le diabète. En novembre 2001, une étude anglo-finlandaise a montré qu’une supplémentation en vitamine D au cours de la première année de vie pouvait réduire de 80% le risque d’apparition d’un diabète type I durant l’enfance.

elle active la maturation des cellules musculaires striées en particulier au niveau du muscle cardiaque. Elle pourrait être impliquée dans certaines douleurs musculaires évoquant la fibromyalgie.

-elle favorise la formation de la dentine et de l’émail dentaire

elle participe à la maturation des glandes sexuelles et de la fertilité

D’autres études suggèrent également que la vitamine D stimule la différenciation cellulaire et pourrait réduire d’environ 50% le risque de contracter un cancer du sein et plus de 66% un cancer colorectal. Même si elles doivent être confirmées, des recherches récentes tendent à démontrer qu’elle joue un rôle dans le contrôle du taux de glucose sanguin, dans l’hypertension artérielle et qu’elle pourrait réduire l’incidence des maladies cardiovasculaires.

Mais le plus remarquable est le rôle que pourrait jouer la vitamine D dans la prévention de la dépression chez les adultes.

On estime que plus de 5% de la population adulte vivant au Nord du 40e parallèle dont une majorité de femmes est touchée par la dépression saisonnière. En 2003, des chercheurs de l’université de Toronto ont démontré qu’une supplémentation quotidienne de 400 à 800 UI en vitamine D avait considérablement réduit les symptômes de la dépression saisonnière et ce, sur une période de seulement cinq jours. Une autre équipe de chercheurs d’Amsterdam a également établie une corrélation entre l’élévation du taux sérique de parathormone, la baisse du taux de vitamine D et la dépression aussi bien modérée que sévère. Les auteurs précisent que cette corrélation peut fonctionner dans les deux sens : une carence en vitamine D peut favoriser une dépression, mais la dépression peut aussi conduire à une hypovitaminose D suite à une anorexie ou à un manque d’exposition à la lumière solaire.

La vitamine D est en fait assimilable à un neurostéroïde au même titre que la DHEA  

Il existe en effet des récepteurs à la vitamine D dans plusieurs régions du système nerveux central : le cortex préfrontal, l’hippocampe et l’hypothalamus.

C’est pourquoi il faut veiller au statut de la vitamine D tout au long de l’année pour éviter les déficits. Michael Holick de l’université de Boston, un des plus grands spécialistes mondiaux de la vitamine D, a calculé que si l’on expose la moitié de sa surface corporelle pendant 12 minutes vers midi en été (attention au coup de soleil cependant !) à la latitude de Bordeaux ,on reçoit l’équivalent d’une dose orale de 3000 UI . Mais ce n’est pas le cas en hiver surtout pendant les mois de novembre, décembre et janvier, car les rayons du soleil sont trop bas et la dose d’ UVB insuffisante pour pouvoir synthétiser de la vitamine D3…il est alors nécessaire de faire appel à des suppléments dont pourquoi pas la fameuse huile de foie de morue…..

 

Gilles Corjon

 

Quelques informations sur la page :

  • Auteur: Gilles.Corjon
  • Date d'ajout: le 6 mars 2012