La France droguée aux pesticides

a+demain+sous+l'arc+en+cielBruno Riondet, dauphinois d’origine et fidèle lecteur du blog, présentera ses romans au Salon du Livre de Paris samedi 19 mars, de 13h à 15h (stand 1B46).
Il nous livre ici quelques réflexions sur l’évolution de l’utilisation des pesticides en France.

« On est dépendant quand résister au besoin de consommer devient impossible. On ne peut plus se passer de consommer un produit sous peine de souffrances physiques et/ou psychiques. La vie quotidienne tourne largement ou exclusivement autour de la recherche et de la prise du produit. La dépendance peut s’installer brutalement ou progressivement, en fonction de l’individu et du produit. On peut devenir dépendant d’un produit sans s’en rendre compte » expliquent les sites consacrés à la santé.

“Faites ce que je dis mais ne dites pas…

A force d’entendre tel ministre ou autre « responsable » dire qu’il faut réduire l’usage des pesticides, on finirait presque par croire qu’il n’y en a plus beaucoup !! Qu’on serait même pas loin d’une alimentation saine, à consommer les yeux fermés !

La réalité est bien différente !

Le Ministère de l’agriculture a rendu publics mardi 8 mars 2016 les nouveaux chiffres sur l’utilisation des pesticides en France. Ils sont inquiétants. Loin de diminuer, l’usage de pesticides a encore augmenté entre 2013 et 2014.

Des résultats accablants

Rappelons-nous l’objectif affiché avec emphase lors du Grenelle de l’environnement : diviser par deux la consommation de pesticides. C’est un échec : la consommation de pesticides a augmenté de 16% en tonnes entre 2013 et 2014.

Toujours entre 2013 et 2014, les traitements de semences ont bondi de 31,4% et les produits contenant des molécules suspectées cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction ont augmenté de 12,9%. Les pesticides imprègnent tous les milieux naturels avec 92% des cours d’eau pollués et des impacts sur la santé humaine de plus en plus avérés.

Ecophyto 1 … 2 … 3 demain ?

Ce plan, approuvé lors du Grenelle de l’environnement par l’ensemble des acteurs, se heurte au manque d’engagement d’une majorité d’agriculteurs, de distributeurs de pesticides et d’organisations agricoles.

En 2014, le ministère a fini par reconnaitre la réalité : loin de diminuer, entre 2009 et 2013, la consommation de pesticides continuait à augmenter. De 5 % en moyenne, et même de 9,2 % entre 2012 et 2013. L’état français a donc dû revoir ses ambitions à la baisse.

La réduction de 50 % de la consommation de pesticides a donc été reportée de 2018 à 2025.

Du courage ?

Pour atteindre les objectifs du plan Ecophyto, il est urgent d’interdire les pesticides les plus dangereux. A commencer par les néonicotinoïdes, des insecticides dangereux pour les pollinisateurs actuellement en débat dans la loi sur la biodiversité, du glyphosate, dont la ré autorisation est en débat au niveau européen, et des insecticides utilisés dans le traitement post-récolte des cultures, à l’origine de la majorité des contaminations de produits alimentaires.

Rappelons que certains insecticides – à base de chlorpyriphos-méthyl – sont fortement impliqués dans le développement des leucémies et des problèmes de neuro-développement chez l’enfant.

Et pendant ce temps…

… pendant ce temps, les enquêteurs de la Concurrence et des Fraudes ( communiqué de la DGCCRF, 2 mars 2016) publiaient le résultat du contrôle de 5 480 échantillons de produits d’origine végétale (fruits, légumes, céréales, épices, etc.) mis sur le marché français, contrôle dans lequel 482 substances différentes ont été recherchées.

Résultat : résidus de pesticides quantifiables dans un échantillon sur deux. Plus précisément dans 74 % des échantillons de fruits, 59 % des céréales et un produit d’alimentation infantile sur 16. Les non-conformités touchent principalement les oranges, ainsi que les pêches et les nectarines.

… et pendant ce temps, l’agriculture industrielle se poursuit, toujours aussi gourmande en pesticides et autres produits phytosanitaires. Les projets de ferme-usines se multiplient, les petites exploitations familiales disparaissent (1) , les grands groupes agro-alimentaires (2) se portent bien.
L’Humain d’abord ? Il est urgent de réagir.

Bruno Riondet
http: //riondet-bruno.blogspot.fr/

1 Diminution de 26 % du nombre de fermes entre 2000 et 2010, en France. En Europe, d’après la Confédération Paysanne, « une ferme disparait toutes les 3 minutes ».
210 entreprises dominent ce marché et possèdent la plupart des marques connues !
En savoir plus sur http: //www.consoglobe.com/marques-produits-alimentaires-cg#R6iVwbdqe0BsEePG.99