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Serions-nous des acteurs du film “I comme Icare” ?

Notre système de santé serait-il pourri et entre les mains de financiers sans scrupules ? Ce n’est pas notre habitude sur Acteur-Nature de verser dans la démesure mais, après ce dernier épisode, le port trop long du masque nous a dérangé un peu les neurones. Alors, excusez-nous, mais on avait envie de dire les choses, pour nous prouver qu’on n’avait pas rêver si ce n’est cauchemarder. On s’est pincés pour comprendre que c’était peut-être bien la réalité ?

Image mohamed Hassan Pixabay –

Pourquoi toutes ces interrogations? Sommes-nous à ce point névrosés pour voir le mal partout ?

Ceci est un témoignage véridique pour moi qui l’ai vécu dans notre famille:

Il s’appelle Serge, c’est un cousin de mon épouse, il a la petite cinquantaine. Il est commerçant alimentaire dans une petite bourgade de la plaine du Forez. Combien de boites de Médiator, a-t-il consommé ?
Aujourd’hui, je n’ose décrire l’état physique de cette personne qui se traîne et cherche un repreneur pour sa boutique.
Sa vie est brisée et pourtant c’est un survivant du Médiator.

Médiator, plus de 4O ans de succès sans l’ombre d’un doute

Pendant trente ans (de 1976 à 2009), ce produit pharmaceutique dangereux a été prescrit à plus de 5 millions de patients. Le groupe Servier et l’Agence du médicament sont poursuivis devant le tribunal correctionnel de Paris. La justice vient de déterminer la culpabilité du groupe Servier.

Pour chacune des six sociétés du groupe jugées notamment pour tromperie, homicides et blessures involontaires, et escroquerie, la procureure a requis des amendes allant de 1 million d’euros à 1,85 million d’euros – le maximum encouru –, soit un total de 10,3 millions d’euros (amendes et contraventions) à payer pour le groupe Servier.

Consommé par cinq millions de personnes et accusé d’avoir fait des centaines de morts entre 1976 et 2009, le Mediator a rapporté jusqu’à 30 millions d’euros par an au groupe.

Mais au fait, combien de serviteurs serviles ont permis que pendant plus de 40 ans cela se fasse sans aucun remous ?

Les seuls remous furent plutôt favorables au créateur du Médiator et chef du laboratoire, Jacques Servier, décédé en 2014 qui fut fait chevalier de la Légion d’honneur (d’HORREUR NON ?) par François Mitterand puis élevé au rang de Grand-Croix par Nicolas Sarkozy en 2009. Enfin, pour couronner le tout, Henri Nallet ancien ministre de la Justice, mais aussi un paisible salarié du groupe Servier pour des activités de conseil a été lui aussi décoré le l’Ordre national de la Légion d’Honneur à l’occasion du 14 juillet 2015.

Alors, pour autant de services rendus à la Patrie, comment se fait-il qu’un groupe de plaignants osent traîner devant un tribunal des gens aussi respectueux ?

Et pourtant aujourd’hui les experts de l’Assurance maladie estiment que le Médiator aurait fait 2000 morts. Sans compter les morts provoquées par deux autres coupe-faim commercialisés jusqu’en 1997 par Servier : l’Isoméride et le Ponderal.

« Nous en avons écoulé des millions de boîtes à travers le monde. Et ce, jusqu’en Inde. Combien de personnes avons-nous tuées ? » s’interroge, sous couvert d’anonymat, une ancienne visiteuse médicale ayant travaillé pour le groupe pharmaceutique. Toute poursuite judiciaire est impossible pour ces deux produits, en raison de la prescription. Mais cela n’apaise aucunement son sentiment de culpabilité.

Pourquoi le cousin ne vous a-t-il pas écouté ? Cette question vous pouvez mille fois la poser. Oui, mais elle est cruelle pour nous gens de la famille !

Elle vient du fait que la plupart d’entre nous tous ” sommes formatés” pour obéir à une forme d’autorité.

On avait beau dire à Serge qu’il allait dans le mur.
Lui, de répéter naïvement “mon médecin m’a prescrit le Médiator pour lutter contre mes boulimies, mon embonpoint, mon début de diabète”

Et si nous avions l’audace de contrer ces affirmations:

La réponse était invariable ” mais enfin, je sais pas moi, y sais bien ce qui fait: moi je fais confiance, y voit bien ce qu’il y a a faire !”

Le médecin avait autorité. Mais, lui obéissait à une autre autorité: celle des institutions médicales, qui elles-mêmes obéissaient à l’autorité des scientifiques qui, engagés par le groupe Servier, avaient toute autorité pour prêcher la bonne nouvelle d’un médicament d’une parfaite innocuité.

Chacun se dédouanant d’une responsabilité non pas individuelle mais collective où l’on apprend à conserver ses intérêts majeurs comme celui de ne pas être licencié de la boîte Servier si on n’est plus un servile serviteur du groupe.

Combien de fois ai-je crié mon indignation légitime dans ma boutique.

Et bien régulièrement j’étais pris pour un ” agité du bocal”, un “empêcheur de prescrire en rond”, “une forme de gourou du bien-être”, un fantaisiste de la santé face à ces blouses blanches qui savaient ce qu’elles faisaient : elles !

L’expérience de Milgram nous apprend beaucoup sur notre docilité à nous soumettre à l’autorité sans réagir

Henry Verneuil dans son film “I comme Icare” (1979) avec Yves Montand apporte une démonstration du principe de notre soumission volontaire à des absurdités si elles sont égrainées par un semblant d’autorité “. Les milieux autorisés” dont parlait Coluche et qui en fait s’autorisent tout font que, même les exactions les plus indignes qui existent sur le plan éthique et moral, nous paraissent normales et saines.

Pour quand bien même elles soient absurdes – comme le défilé des masques actuellement- nous y souscrivons et vous savez pourquoi ?

Parce que tout le monde le fait et que

” ils ont dit que ” Ah bon qui à ça ? ”
” Ils ont dit que si nous n’y prenions pas garde une deuxième vague allait arriver”
Ah oui ? ” Ils ont toutes les raisons de l’avoir dit.”

Et vous y croyez vous ?

” moi je crois ce qu’on me dit de croire et je discute pas ”
” Ah bon ! ” ” et vous croyez à la première connerie qu’on vous énonce ?”
” Dites-moi monsieur, vous croyez que sur les chaînes de TV, ce sont les plus bêtes qui parlent ?

” Oui effectivement on peut voir les choses comme ça. ” Mais dites-moi, qui financent ces chaînes de TV ? “

I Comme Icare, un film électrochoc: le reflet de notre conditionnement ?

Dans ce film , c’est la transposition dans un pays imaginaire du meurtre du président Kennedy. Le procureur Henry Volney, interprété par Yve Montand, refuse les conclusions de l’enquête officielle.

Son enquête le mène à un laboratoire où un professeur mène une expérience sur ” l’apprentissage de la mémoire par la douleur.” C’est l’expérience de Milgram.

Elle sert en réalité à mesurer la résistance à la servitude face à la hiérarchie.

Un individu recruté par petites annonces est prié, dans le cadre de prétendues recherches scientifiques sur la mémoire d’infliger à un “élève” des punitions de plus en plus sévères, en l’occurence des décharges électriques allant de 15 à 450 volts. Un acteur professionnel tient le rôle de l’élève; on lui lit une série de mots dont il doit se souvenir. Quand il se trompe, l’expérimentateur lui envoie une décharge électrique.

“L’élève” gémit à 75 volts; à 110 volts il supplie qu’on le libère; à 295 volts sa seule réaction est un véritable cri d’agonie.

Il est précisé que les décharges ne sont pas “mortelles” et qu’elles ne laisseront pas de lésions durables mais qu’il faut les infliger sans pitié pour que l’élève fasse l’effort de se souvenir.

L’expérimentateur vit un conflit intense et dramatique (c’est le cas des médicalisés au Médiator, aux statines, aux antibiotiques, aux fluidifiants sanguins etc… qui, s’y vous leur présentez une autre alternative que médicamenteuse n’offrent que peu de résistance aux diktats des gros labos).

D’un côté la souffrance manifeste de l’élève l’incite à s’arrêter; de l’autre “un professeur”, autorité légale vis-à-vis de laquelle il se sent engagé, lui enjoint de continuer.

Chaque fois qu’il hésite à administrer une décharge, il reçoit l’ordre de poursuivre.

Quand le “professeur” discute avec un autre “professeur” et qu’ils ne sont pas d’accord entre eux, “l’expérimentateur” retrouve sa liberté de jugement et refuse de poursuivre l’expérience.

Pour se tirer de cette situation insoutenable le sujet devait rompre avec l’autorité. Mais en fait qui ose le faire? Quand ?
Et dans quel état ?

Le professeur dans le film explique à Yves Montand que “63% des sujets sont obéissants, c’est à dire qu’ils acceptent totalement le principe de l’expérience et vont jusqu’à 450 volts…”

Le procureur (Y. Montand) conclut :

“Ce qui signifie que dans un pays civilisé, démocratique et libéral, les 2/3 de la population sont capables d’exécuter n’importe quel ordre provenant d’une autorité supérieure…”

C’est l’expérience de Milgram.

Moralité : pour rompre avec l’autorité il suffit d’y trouver une faille, de la mettre en contradiction avec elle-même…

Ensuite, plus du tiers des “expérimentateurs” ont refusé de poursuivre une expérience “scientifique” qu’ils jugeaient immorale par ses méthodes.
Enfin, il suffirait apparemment de populariser l’expérience pour diffuser sa mise en garde.

C’est ce que fit Henry Verneuil dans son film “I comme Icare” (1979) avec Yves Montand.

A l’époque où Milgram a lancé son expérience on pensait que seuls des pervers (2 à 3 % de la population) iraient jusqu’aux décharges les plus fortes. En réalité, près des deux tiers des “expérimentateurs” administrèrent les chocs les plus élevés.
Ils avaient été recrutés dans toutes les catégories sociales, pas dans les bas-fonds.

C’était la confirmation effrayante des thèses d’Hanna Harendt sur la banalité du mal : les bourreaux nazis étaient des gens tout-à-fait normaux qui disaient n’avoir obéi qu’aux ordres.

Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon, dont un de mes très anciens clients gardait un souvenir cuisant de résistant puisqu’il avait perdu un oeil dans les prisons de Lyon le décrivait comme une sorte de père tranquille.
Oui, Klaus Barbie bourreau tortionnaire de Jean Moulin et de notre ami se défendait en disant qu’il n’avait appliqué que les ordres et rien que cela: lui ne se sentait aucune responsabilité morale.

Il n’avait fait que son devoir.

La plupart des “expérimentateurs” se justifièrent après coup en faisant remarquer qu’ils n’étaient que des exécutants.

Oui, combien d’exécutants sont-ils devenus les exécuteurs des laboratoires Servier et de son Médiator ?

Et nous-mêmes, qu’on a confiné pendant 2 mois, avons-nous gardé notre liberté de penser ?

Pas sûr, car si vous croyez naïvement que le groupe Sanofi avec une enveloppe de 200 millions d’Euros de notre Président va trouver un vaccin contre un virus qui aura sûrement disparu avant la fin de l’année, c’est que vous êtes atteints du syndrome de Milgran.

On finira par vous faire croire n’importe quoi simplement par le fait que vous n’avez pas la faculté de remettre en cause la puissance d’une autorité.

Le monde est ainsi fait. Sachez que la loi du plus friqué est celle du plus fort car il peut se permettre de se payer toutes les formes d’autorité et de prestige: la preuve est faite avec le groupe Servier qui après avoir été reconnu comme coupable n’a qu‘une petite amende, si j’ose dire ainsi, pour un groupe qui va continuer son boulot comme si de rien n’était et qui s’il n’avait été qu’un petit laboratoire aurait déjà mis la clé sous le paillasson.

Roland Reymondier
Conseiller en produits de nutrition

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