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Enfants hyperactifs ? une médication plus dangereuse qu’il n’y paraît !

imagesDans le journal « le matin » en date du 23 décembre 2013 on pouvait lire :
« La Ritaline, médicament-phare utilisé pour traiter les déficits du trouble d’attention avec hyper-activité (TDAH), favorise de graves érections non contrôlées, le priapisme. Un danger potentiel qui n’a pas échappé à Swissmedic. «Nous avons enregistré deux cas en quinze ans qui ont touché un enfant et

un adolescent, précise la doctoresse Petra Dörr, cheffe de l’état-major de l’autorité de contrôle des produits thérapeutiques. Une adaptation des informations médicales concernant ces médicaments est actuellement en cours.»

 

Ritaline, la cocaïne des enfants !

 

Déjà BFMTV en mai 2013 s’inquiétait des effets désastreux de « la drogue des enfants » dont les ventes explosent. En Amérique du Nord, on la surnomme la Kiddy Coke, la cocaïne des enfants. Ce surnom pour désigner la Ritaline, un médicament prescrit pour soigner l’hyperactivité des enfants, pourtant classé comme stupéfiant.
Le trouble qu’on nomme déficit de l’attention toucherait quelque 3 à 5% des enfants en France.

Alors qu’ils sont toujours plus nombreux, ces enfants hyperactifs, à recevoir ce psychostimulant , la ritaline , François Gonon, un neurobiologiste, s’interroge sur le bien fondé de la prescription systématique de ce médicament.
« Il est indiscutable qu’elle en soulage à court terme la majorité des enfants souffrant du TDAH, trouble de l’attention hyperactivité : on observe chez eux une amélioration de l’attention », explique François Gonon.  Mais, elle améliore aussi l’attention chez les sujets sains.
Ce type de stimulant est d’ailleurs connu pour augmenter les performances de travail de tout un chacun… » On peut donc se demander si son utilisation cible réellement le dysfonctionnement à l’origine du TDAH. Celui-ci est justement le deuxième point discuté par le neurobiologiste.

« La plupart des publications scientifiques partent d’un postulat de base : l’hyperactivité résulte du déficit d’un neurotransmetteur qui permet à certains neurones de communiquer entre eux, la dopamine. »

Vidéo (Viméo) de François Gonon, neuro-biologiste, directeur de recherche CNRS Bordeaux

 

Pourtant, ce que l’on sait avec certitude est bien plus nuancé.

 

Primo, la dopamine est sécrétée par les neurones, dans l’espace extracellulaire, et c’est là seulement qu’elle est active. Normalement, elle est ensuite recapturée dans les cellules pour inverser le processus et cesser la stimulation des neurones. « Certes, les études prouvent que la ritaline inhibe cette recapture, et augmente donc le taux de dopamine extracellulaire.
Mais ce résultat, bien réel, n’apporte rien à l’hypothèse de base : les preuves d’un déficit de dopamine sont minces. »

Selon le chercheur, les études récentes d’imagerie moléculaire qui ont tenté d’observer un tel déficit peuvent d’ailleurs être interprétées de manière inverse. Enfin, explique-t-il encore, il faut savoir que la ritaline inhibe aussi la recapture d’un autre neurotransmetteur : la noradrénaline. Certaines publications proposent donc de reporter sur elle la cause du dysfonctionnement lié au TDAH. Cela reste à démontrer.

«Mais la véritable question qui se pose est ailleurs », insiste François Gonon. « Est-il légitime de présenter ces hypothèses de déficit en neurotransmetteur comme des faits scientifiquement établis et de justifier ainsi les traitements par psychostimulants comme la ritaline au détriment d’approches non médicamenteuses ?

» Selon le chercheur, et à travers les publications qu’il a analysées, les résultats à long terme de ces traitements sont en effet peu satisfaisants. «
L’étude de suivi sur trois ans du groupe MTA2, à laquelle se réfèrent de nombreux auteurs, montre en effet ceci : l’échec scolaire, la toxicomanie et les conduites pré-délinquantes présentent statistiquement la même fréquence que les sujets hyperactifs aient été traités ou non avec des psychostimulants lorsqu’ils étaient enfants. » (dossier à lire)

Le même François Gonon s’insurge contre l’utilisation abusive de molécules chimiques dans le traitement du psychisme dans ce document vidéo :

« Les dérives du discours des neurosciences et ses conséquences sociales : l’exemple de l’hyperactivité TDAH »

Et puis souvenons-nous des écrits de Sylvie Simon journaliste qui a disparue le 8 novembre 2013. Elle n’avait pas sa plume dans la poche pour égratigner ce type de médication.

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Pour en savoir plus sur une alternative naturelle : A voir sur Acteur-Nature

Quelques informations sur la page :

  • Auteur: Bernard.Burlet
  • Date d'ajout: le 24 février 2014