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Réussite scolaire et nutrition

dstarenkyjDanièle Starenkyj©2013 www.publicationsorion.com
Le mois de septembre est le mois de la rentrée scolaire. Et quel parent ne désire pas la réussite de son enfant ?
La croissance de l’enfant de 6 à 12 ans est dans une phase de ralentissement, mais elle demeure encore considérable. À cette période de sa vie, l’enfant déploie normalement

une activité physique intense et sa dépense énergétique peut être, pour peu qu’il ne soit pas accro aux écrans, plus grande que celle d’un travailleur de force. Pour cette raison, et parce qu’en plus l’école impose à l’élève un rythme de vie particulier, celui-ci a des besoins nutritionnels spécifiques.
Il y a quelques décennies, la France lançait une campagne d’information « Nutrition » dans le but d’établir si les grands besoins nutritionnels de l’enfant d’âge scolaire étaient respectés ou non. Les résultats en ont été rapportés dans La Nouvelle Presse Médicale qui affirmait qu’il n’existe plus à l’heure actuelle (1979) en France de sous-alimentation mais une alimentation mal réglée, calquée sur l’exemple des parents, mais aussi induite par les annonces publicitaires et entretenue par une insuffisance d’informations libres de toute attache commerciale.

Cette campagne avait relevé deux « vraies erreurs ou fausses vérités » :

– a. la hantise de sous-alimenter l’enfant qui reste fréquente chez les mamans qui le laissent alors manger à toute heure, et qui n’hésitent pas à le bourrer de sucreries. Il résulte de cette attitude basée sur l’inquiétude, un excès alimentaire fort préjudiciable et un conflit avec l’enfant qui ne mange plus aux repas des mets équilibrés, mais grignote n’importe quoi librement ;

– b. le déséquilibre dans la répartition de l’alimentation, le petit déjeuner étant trop maigre, trop rapidement pris, alors que le dîner est trop abondant, pris trop tard dans la soirée. On force l’enfant à manger au moment où il est le plus fatigué et qu’il cesse son activité, et on ne le laisse pas faire le plein au moment du départ.

Cette campagne d’information soulignait que les besoins alimentaires sont directement liés aux besoins énergétiques de l’organisme : l’enfant va-t-il à l’école à pied ou en autobus ? Va-t-il dehors pour la récréation ou à la bibliothèque ? Après l’école joue-t-il dehors ou regarde-t-il la télévision ? Si l’on veut qu’un enfant mange, il faut qu’il bouge ! Il aura faim, et il sera inutile de le supplier de finir son assiette.
Déjà dans les années 1979, cette campagne devait dénoncer des excès préjudiciables à la santé de l’enfant scolarisé : hyperconsommation de viande, de graisses, et de sucre. Elle soulignait tristement un point alarmant : l’habitude de consommer régulièrement des boissons alcoolisées dès l’âge de 11 ans, doublée de celle de prendre des boissons sucrées, alors que le besoin en eau est essentiel au développement harmonieux de l’enfant. Ce schéma alimentaire entraînait chez le jeune élève des carences préjudiciables en calcium et en fer, en vitamine C et en vitamines B, et en fibres.

Il faut aussi se pencher sur certaines réalités actuelles qui caractérisent la vie scolaire occidentale, et qui influent sur le statut nutritionnel de l’enfant :

– a. le long trajet en autobus qui entraîne de la fatigue avant même d’avoir commencé la journée, le matin, et qui favorise le sédentarisme, le soir à la maison ;

– b. l’air confiné des salles de classe qui est une cause à ne pas négliger du taux élevé de maladies respiratoires qui affligent les écoliers, et de la difficulté qu’ils ont à se concentrer, car le cerveau pour avoir les idées claires a besoin d’une grande quantité d’oxygène ;

– c. le stress implacable d’un environnement souvent bruyant, dangereux, hostile. On affirme qu’un écolier sur quatre aux États-Unis, à l’âge de neuf ans, a déjà été l’objet de pressions précises pour l’amener à prendre de la drogue, et ce à l’intérieur même de l’école.

Aujourd’hui, la relation entre la malnutrition et le développement intellectuel est établie. L’enfant mal nourri est apathique, irritable, et perd la joie d’apprendre. De nombreuses études conduites tout autour du monde ont établi que les enfants qui souffrent de malnutrition manifestent clairement des retards importants dans leur développement psychomoteur et intellectuel. Ils peuvent avoir jusqu’à 10 et même 15 points de moins de quotient intellectuel que les enfants bien nourris.

Il faut faire le plein le matin

Dans notre contexte de vie occidental, le facteur le plus répandu de malnutrition réelle chez l’enfant d’âge scolaire est l’absence systématique d’un petit déjeuner complet et substantiel. L’insuffisance chronique du petit déjeuner est responsable chez l’écolier d’un coup de pompe, un état d’hypoglycémie, qui entraîne un relâchement de l’attention dans les deux dernières heures de la matinée.
L’enfant en carence de glucose n’arrive plus à bien comprendre, il devient nerveux et irritable, et perd confiance en lui. La récréation de 10 heures lui permet souvent d’avoir accès à des excitants, boissons sucrées, chocolat, etc., qui vont élever artificiellement sa glycémie chancelante. Cependant, ils ne peuvent pas fournir à son cerveau le glucose dont il a désespérément besoin pour étudier, glucose que seule une bonne ration de pain complet le matin aurait pu lui fournir.
Devant cette réalité aux conséquences malheureuses, plusieurs gouvernements ont mis sur pied des programmes de nutrition scolaire, la plupart offrant aux écoliers du lait et du sucre à 10 heures. Aujourd’hui, plusieurs nutritionnistes réclament plutôt que l’on offre des craquelins de riz et des fruits. Le phénomène épidémique des allergies rend la consommation de lait problématique pour un nombre croissant d’enfants intolérants aux protéines bovines : lait, fromage, bœuf, veau. Les symptômes de cette allergie peuvent être : une diarrhée chronique, parfois sanglante, des vomissements, un arrêt de croissance, et des signes généraux de malnutrition.
L’allergie au lait peut aussi en être une au lactose, le sucre du lait. La multiplicité des symptômes qu’entraîne cette allergie peut être mieux saisie, si l’on comprend que la digestion du lactose dépend de la présence d’une enzyme, la lactase, et que cette enzyme disparaît naturellement passée la toute petite enfance. La consommation de lait en l’absence de lactase pour en digérer le sucre, le lactose, entraîne une flambée bactérienne dans le côlon. Les micro-organismes débordent de leurs frontières, et envahissent l’intestin grêle, affaiblissent ses muqueuses, et arrivent à se disséminer dans tout l’organisme, troublant le sang, le vagin, la vessie, la gorge, l’œil, le poumon, le cœur, le cerveau, la peau, les os. Cette flambée bactérienne entraîne la production d’un grand nombre de substances toxiques dont : l’ammoniaque, responsable de la confusion mentale ; l’histamine, responsable de maux de tête ; le tryptophane, responsable de crises d’asthme et d’anxiété. Ces substances doivent être dégradées par le foie et éliminées par les reins, mais surchargés par ces toxines, ces organes se mettent à mal fonctionner.

L’intolérance au lait chez l’enfant d’âge scolaire peut, dans un certain nombre cas, conduire à une intolérance au gluten. La muqueuse intestinale endommagée par l’usage de ce produit qu’elle n’arrive pas à digérer, se met à ne plus tolérer les céréales riches en gluten, et surviennent alors les symptômes de la maladie cœliaque. L’allergie au gluten est toujours secondaire à l’allergie au lait de vache, le premier allergène rencontré par le bébé. Dans de nombreux cas, l’élimination des produits laitiers, après un certain temps, permettra la reprise des céréales avec gluten.
Ainsi l’habitude de sauter le petit déjeuner est une forme grave de malnutrition qui affecte beaucoup l’enfant d’âge scolaire, perturbant leur développement, et troublant leur apprentissage. L’écolier ne peut pas soutenir l’effort mental qui est exigé de lui au cours d’une matinée de classe, s’il n’a pas fait auparavant le « plein en glucose », et donc consommé un repas substantiel riche en céréales non raffinées et en pain complet, accompagné de fruits frais, et d’une source appropriée de protéines sous forme de noix, graines, lait de soja ou d’amande.

Le danger de la déshydratation :

Naturellement, l’enfant qui bouge, grimpe, saute, court, et glisse, aura non seulement très faim mais aussi très soif. Une bonne consommation d’eau est une assurance santé, et plus particulièrement d’une bonne résistance à la fatigue et aux infections si faciles à attraper en milieu scolaire. En effet, une consommation adéquate d’eau est un facteur important qui fortifie et augmente l’immunité.
La carence en eau, après la carence en oxygène, est de toutes les carences alimentaires, la plus grave et la plus lourde de conséquences. On a établi qu’une perte en eau de seulement 10% de l’eau contenue dans l’organisme cause de sérieux dérangements (inattention, idées embrouillées, perte de mémoire, idées noires, fatigue, faiblesse musculaire, etc.), alors qu’une perte de 20% d’eau peut entraîner la mort.
Les besoins en eau d’un enfant sont au minimum de 1,5 litre par jour. Par contre dès que l’enfant se livre à des activités physiques, et transpire, ces pertes atteignent facilement 2 litres, et parfois 2,5 litres. La diarrhée, la fièvre, une urination excessive, ou la consommation élevée de protéines, augmentent encore plus les besoins en eau. Il est important de comprendre que l’eau est un liquide unique, mais que les divers liquides (jus de fruit, boissons sucrées, lait) ne sont pas de l’eau. Le sucre présent dans ces boissons ralentit l’absorption des liquides, ce qui retarde la réhydratation du corps.

Réussite scolaire et nutrition… L’une et l’autre commencent par un solide petit déjeuner le matin, et une grande bouteille d’eau bue au cours de la journée. C’est simple, mais sûr. Parents, vous avez là le moyen de faciliter l’apprentissage de vos enfants, et de participer fièrement à leurs succès scolaires.

Le mois prochain, nous parlerons de nutrition et comportement. Entre temps, je vous conseille sincèrement la lecture de mes livres LE MAL DU SUCRE* pour apprendre à maintenir un apport optimal en glucose, l’unique combustible du cerveau, et LA SANTÉ TOTALE* pour découvrir les lois de la vie et la nécessité d’une hydratation optimale. Vous y trouverez des recettes, des conseils, et des informations précieuses pour vous et vos enfants. Question de faire, vous aussi, vos devoirs !

Danièle Starenkyj©2013

www.publicationsorion.com

* Note de la rédaction : Il est possible dacheter ces livres dans les magasins diététiques et bio indépendants ou sur le site www.sfb.fr

Quelques informations sur la page :

  • Auteur: Bernard.Burlet
  • Date d'ajout: le 28 août 2013