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LA RÉVERSIBILITÉ OU LA NÉGATION DE LA FATALITÉ

dstarenkyjDanièle Starenkyj©2013
www.publicationsorion.com
La réversibilité fut un legs « positif » que nous a laissé la Deuxième Guerre mondiale. Des décombres de cette conflagration démentielle sont sorties des données qui ont non seulement confirmé qu’il y avait une relation de cause à effet entre le gras et les maladies cardiovasculaires, mais qui ont aussi établi que le processus de l’athérosclérose est définitivement réversible chez l’être humain.

Réversible ? Je me rappelle d’avoir eu un manteau réversible, et puis de me faire dire avec sérieux que l’histoire n’est pas réversible. Alors de quoi s’agit-il ?

À la suite des expériences du chercheur russe Ignatowsky en 1908, on avait appris qu’un régime à base de viande, produits laitiers et œufs, produisait l’athérosclérose chez les lapins. Puis les observations d’un médecin hollandais établi en Indonésie sur les habitants de Java ont pu confirmer que l’athérosclérose n’était pas un phénomène lié à la race : les Javanais avaient des taux de cholestérol très bas aussi longtemps qu’ils ne travaillaient pas à bord des paquebots hollandais… Puis en 1933, Antichkow provoquait à volonté l’athérosclérose chez des animaux de laboratoire en ajoutant à leur pâtée du cholestérol pur. Ces études ne suscitèrent pas d’intérêt particulier jusqu’à ce que l’Europe entière devienne un laboratoire où ses populations soumises à un régime austère de pommes de terre, céréales entières, légumineuses, racinages et légumes permirent de faire la preuve de la théorie alimentaire de l’athérosclérose.

Forcées de délaisser un régime habituel riche en produits animaux qui fournissait 600 mg et plus de cholestérol par jour,  ces populations connurent une diminution marquée des maladies du cœur pendant presque toute une décennie. Le Dr W.P. Castelli, directeur de la fameuse étude de Framingham, rapportant que les pathologistes en Belgique ne trouvaient plus d’artères athérosclérotiques à montrer à leurs étudiants, a déclaré que la Finlande, la Norvège, la Suède et la Belgique  connurent alors     « un déclin incroyablement abrupte de la maladie coronarienne ». Ayant fait la revue en 1958 de 26 000 autopsies en Autriche, Barnes trouve 7 fois plus d’infarctus 15 ans après la guerre que pendant les années 44 et 45.

Mais la réversibilité ? On savait déjà que l’athérosclérose provoquée chez l’animal par un régime riche en gras pouvait régresser si celui-ci était modifié dans le sens contraire. Pourrait-on jamais en obtenir la preuve chez les humains ? L’évidence la plus inattendue devait être fournie par les survivants des camps de la mort. En dépit de rations alimentaires totalement carencées et de conditions de vie outrageuses, ces hommes et ces femmes, à leur libération, avaient des artères étonnamment propres et flexibles, sans trace d’athérosclérose.

L’angiographie (un examen radiologique des vaisseaux) permit à l’Amérique de connaître également le même étonnement que l’Europe à la fin de la guerre 39-45. Alors qu’aux États-Unis, dès les années 1960, les autopsies révèlent que l’on peut détecter des traces d’athérosclérose chez des enfants de 5 ans, qu’à 15 ans les lésions graves sont fréquentes, et qu’à 20 ans plus de la moitié de la population souffre déjà du durcissement des artères, les examens radiographiques des artères des prisonniers de guerre au Vietnam de retour au pays, révélèrent des artères propres, souples, sans traces de lésions.

Ce fut au tour de l’Amérique d’être confrontée à une vérité provocante : le processus de l’athérosclérose est définitivement réversible car après quelques mois d’une alimentation strictement dépourvue de graisses animales, de sucre et d’alcool, on en vient à bout complètement. L’athérosclérose peut s’effacer. Elle n’est pas un phénomène inévitable, fatal, définitif, universel. Cette réalisation devait lancer en 1964 la grande offensive américaine anti-gras, anti-sucre et anti-tabac… mais avec des résultats mitigés. Malgré le lourd fardeau économique mais aussi émotif que les maladies cardiovasculaires causent, l’Amérique tient à son abondance caractérisée par ses milk-shakes, ses hotdogs et ses hamburgers. Le slogan «Fat is beautiful » cherche à rassurer les millions d’obèses américains sceptiques et réticents à tout changement de leurs habitudes alimentaires. La majorité ne veut pas être convaincue des effets catastrophiques de ces distorsions alimentaires.

C’est comme en Europe après la guerre. Confrontée à la réalité des bienfaits incontournables d’une alimentation simple, elle n’arrive pas à dissocier le pain complet, les pommes de terre en robe des champs et le chou, des privations, de la misère, des oppressions. Marques d’une époque pétrie de détresse et de honte, on n’arrive pas à voir ces aliments comme pourvoyeurs de santé et de longévité. Pendant la guerre on avait le cœur physique en forme mais le cœur affectif démoli… alors pour oublier son chagrin et manifester sa rancune, voilà plusieurs générations que l’on mange gras et que l’on boit sec.

L’athérosclérose est ainsi devenue en Occident la cause, évitable et réversible, d’un décès sur deux ! Cette lente et grave obstruction partielle des artères perturbe la circulation sanguine, et donc l’alimentation en oxygène du corps, et favorise la formation de caillots qui entravent eux aussi la circulation. Il y a apparition progressive d’une déformation locale de la paroi d’une artère accompagnée de son durcissement. Cette déformation est appelée athérome et elle est constituée de cellules musculaires lisses, de macrophages (globules blancs), et de dépôts jaunâtres et graisseux de cholestérol. À la fin de son évolution, l’athérome diminue à un tel point le volume de l’artère qu’il suffit qu’un caillot intempestif se forme pour que la circulation du sang soit bloquée dans ce vaisseau.

Si l’athérosclérose tue 50% des Occidentaux, elle est aussi cause d’une terrible morbidité. La crise cardiaque est appelée le « tueur silencieux » car elle n’a souvent qu’un seul et unique symptôme, la mort subite. Par contre, l’athérosclérose a d’autres manifestations qui, elles, sont pénibles, douloureuses et invalidantes. Pensez à l’angine de poitrine ; à l’infarctus ; à la claudication intermittente ; à la gangrène ; à l’impuissance (l’incapacité de fournir une quantité adéquate de sang à l’organe mâle sur demande et d’une façon soutenue, est dans 50 à 60 % des cas causée par l’athérosclérose) ; l’accident vasculaire cérébral ; la sénilité (dans 40 à 50% des cas, elle est la conséquence d’un apport insuffisant d’oxygène au cerveau suite à l’athérosclérose) ; la surdité ; la perte de la vue (le rétrécissement concentrique du champ visuel et le décollement de la rétine sont des processus qui accompagnent une irrigation sanguine insuffisante dans l’œil ).

Comprenons bien que toutes les artères du corps, artères cérébrales, artères carotides, artères coronariennes, artères rénales, artères fémorales, peuvent durcir, et toutes peuvent se boucher, ce qui explique le large éventail des maladies liées à l’athérosclérose. Le durcissement des artères rénales est cause d’hypertension, et même de la perte du rein. Le durcissement des artères du cœur, de la tête ou du cou, et des jambes nous met en présence des trois volets des maladies dites cardiovasculaires : cardiopathie ischémique ; attaque cérébrale ou crise d’apoplexie ; artérites oblitérantes des membres inférieurs avec claudication intermittente.

Le Dr W.P. Castelli, professeur de médecine préventive  à l’Université Harvard,  après 50 ans de recherches sur les facteurs de risque de la crise cardiaque, affirme : « Si les Américains  adoptaient un régime végétarien, toute cette épidémie de crise cardiaque disparaîtrait… Il suffit de deux mois d’un style de vie sain pour renverser la maladie cardiaque. » Pour ces affirmations, le Dr Castelli se base sur 1000 études scientifiques, les premières datant de 1904,  et sur une longue carrière de chercheur, de clinicien, et de professeur. Il se réjouit aussi, ayant vécu ce qu’il prêchait, d’être le seul membre de  sa famille à avoir dépassé l’âge de 45 ans, et cela malgré le fait que, comme son père et son frère, il a une maladie génétique, une hypercholestérolémie familiale, entraînant des taux de cholestérol dangereusement élevés qui multiplient par quatre les risques de mort par infarctus dès l’âge de 20 ans.

La réversibilité est réelle même en présence de mutations génétiques ! Alors ? Je sais très bien qu’il faut mourir de quelque chose… mais pourquoi ne pas d’abord vivre pleinement pour quelque chose, ou pour quelqu’un comme sa femme, ou son mari, ou ses enfants, ou ses petits-enfants, ou tout simplement son prochain ? Je vous invite à la lecture de mon livre Le mal du gras, et à REVIVRE grâce à l’adoption d’un régime zéro cholestérol. La réversibilité est réelle. À vous de déjouer la fatalité.

Danièle Starenkyj© 2013

www.publicationsorion.com

Quelques informations sur la page :

  • Auteur: Bernard.Burlet
  • Date d'ajout: le 2 avril 2013